Le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana croit menacer l’opposant Anicet-Georges Dologuelé de poursuites judiciaires

Le porte-parole du gouvernement centrafricain, le faux diplômé Évariste Ngamana a prévenu l’opposant Anicet Georges Dologuélé : sa prochaine critique contre l’empereur le conduira devant la justice, un avertissement qui ressemble à du chantage d’État.
Un chantage à peine voilé
Le porte-parole du gouvernement ne s’est pas caché. Sa déclaration lie directement les critiques d’Anicet Georges Dologuélé contre l’empereur à des poursuites judiciaires à venir. Ngamana ne parle pas de dialogue. Il parle de « répondre de ses actes devant la justice ». Cette phrase suffit à situer le débat : on ne discute plus, on menace.

L’argument officiel tient en une question rhétorique. Dologuélé « dépasse-t-il » les millions de Centrafricains qui ont voté pour l’empereur ? Cette question ignore l’essentiel. Critiquer un président élu n’a jamais empêché sa légitimité. Ngamana confond contestation politique et contestation du scrutin, deux choses très différentes.
« Manque de respect » comme prétexte
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Le gouvernement reproche à Dologuélé une attitude « condescendante » envers l’institution présidentielle. Cette accusation reste vague. Aucun propos précis n’est cité comme insultant. Ngamana évoque plutôt un ton, une posture, un mépris qu’il ressent personnellement.
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Ce glissement pose un problème simple. Quand critiquer devient un manque de respect, la critique elle-même disparaît. Les opposants n’ont alors plus le choix qu’entre le silence et le procès.
Gouandjika avait déjà donné le ton
Quelques jours avant cette sortie, le conseiller spécial Fidèle Gouandjika évoquait déjà la destitution de Dologuélé, sous forme d’avertissement. Ngamana reprend la menace, cette fois sans détour. Deux figures du pouvoir, deux avertissements rapprochés en quelques jours. La coïncidence interroge sur une stratégie coordonnée plutôt qu’une sortie isolée.
Une méthode qui coûte cher au débat public
Utiliser la justice comme arme contre un opposant affaiblit toute discussion sérieuse. Le pouvoir choisit la pression plutôt que la réponse politique. Cette rhétorique referme l’espace public au lieu de l’ouvrir.
Son porte-parole présente l’empereur comme « très tolérant ». Les faits racontent une autre histoire. Un adversaire politique qui pose une question sur une légitimité électorale ne mérite pas une menace judiciaire. Il mérite une réponse politique, si le pouvoir en a une.
Par Gisèle MOLOMA
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